L’Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde, après la Chine, avec 1 milliard 258 millions d’habitants en 2011 : cela représente 17,5% de la population mondiale. C’est le 7° pays au monde par sa superficie (3,29 millions de kilomètres carrés) avec une densité de population trois fois supérieure à celle de la France. C’est un état fédéral, avec 28 états et 7 territoires qui se partagent 18 langues officielles. Sa capitale est New Delhi.

L’économie en Inde

Depuis 1990, des réformes successives ont progressivement réorienté l’économie indienne vers un système de marché : libéralisation économique qui a eu des retombées bénéfiques puisque la croissance annuelle du PIB est passé de 1% dans les années 70 à 9% en 2009. Après ce boom économique entre 2003 et 2009, l'économie indienne est aujourd'hui rattrapée par la crise mondiale : l'inflation est élevée, le prix des denrées alimentaires s'envole ; la Roupie a perdu plus de la moitié de sa valeur entre 2009 et 2013. Le taux de croissance a diminué à 6,5 % en 2012.

La croissance indienne reste donc assez forte, mais très inégale : les secteurs qui tirent profit de la croissance sont les industries manufacturières, avec apparition d’une classe moyenne qui bénéficie des avancées du pays.

Mais les deux tiers de la population dépendent du secteur de l’agriculture, qui ne constitue que 20% du PNB indien : le morcellement des terres cultivées, la faiblesse du réseau d’irrigation, freinent les gains de productivité.

L'Inde reste cependant au 164ème rang mondial sur 230 pour le PNB par habitant.

L’indice de développement humain a reculé au 136ème rang en 2012 (134ème rang en 2009).

30% de la population indienne vit sous le seuil de pauvreté : un indien sur 3 vit toujours avec moins d'un dollard par jour.

dieu GANESH

 

 

La moitié de la population est illettrée. L’espérance de vie stagne (65 ans en moyenne, beaucoup moins chez les intouchables et autres castes défavorisées).
300 millions de personnes sont sous-alimentées et n’ont pas accès à l’eau potable.

 

 

 

La santé en Inde

La mortalité infantile est de 63 décès pour 1000 naissances vivantes (en France : 3,3 ….) les enfants meurent encore de maladies devenues bénignes chez nous, étant donné l’absence de vaccinations (poliomyélite, rougeole ….) et la sous-alimentation.

La moitié des enfants de moins de trois ans souffre de malnutrition (source UNICEF 2007)

La diarrhée, dûe à l’eau de boisson insalubre, est la deuxième cause principale de décès pour les enfants

La mortalité maternelle (nombre de décès pour 100.000 naissances, pendant la grossesse, et après l’accouchement ) est de 200 ! (en France : 8 ….) 136ème rang dans le monde. Les femmes ne sont pas suivies pendant les grossesses ; elles meurent d’hémorragies, d’infections…la majorité des femmes enceintes et des adolescentes sont anémiées, d’où une insuffisance de poids des bébés à la naissance (source UNICEF 2011 et PNUD 2012).

La mortalité infantile ne peut reculer que grâce à l’amélioration des conditions de grossesse, d’accouchement ; à la lutte contre les maladies infectieuses (vaccinations, traitements médicaux ) enfin grâce à la lutte contre la malnutrition.

Le secteur de la Santé Publique est très insuffisant : le régime public d’assurance maladie présente un caractère embryonnaire,et ne bénéficie qu’à 35 millions de personnes. Le droit social ne s’applique qu’à une infime minorité de travailleurs ( administrations et grandes entreprises privées, soit 7% des actifs ) La grande majorité des travailleurs relève du secteur informel, et vit dans la précarité , sans salaire régulier ( source : Mission d’information du Sénat Français 2007 )

Dans le domaine de la santé, les progrès sont lents et inégaux,car la santé publique est sous le contrôle de chaque état. Les dépenses sociales de l’état sont très insuffisantes (0,9% du PIB pour la santé…) la participation financière directe des usagers atteint 70% des dépenses totales de santé (source : rapport économique de l’Ambassade de France en Inde 2011) .

La densité médicale est de 0,7 médecin pour 1000 habitants , variable en fonction des régions, beaucoup plus faible à la campagne, ou les médecins hésitent beaucoup à s’installer, découragés par les conditions précaires d’exercice. En France, 3,3 médecins pour 1000 habitants, soit six fois plus de médecins disponibles pour la population…..

La pauvreté en Inde n’est pas seulement une question de revenus, mais aussi de statut social, et de position dans le système des castes : les valeurs traditionnelles indiennes sont fortement respectées,en particulier dans les campagnes et les petites villes qui représentent 70% de la population.

Le système des castes

Les principales religions de l’Inde sont :

L’Hindouisme : 80% de la population

L’Islam : 14% de la population

Les autres religions : Jaïns, Sikhs, Bouddhistes, Chrétiens : 6%

Sources : « Le système indien des castes » de Robert Deliège Editions Septentrion
Et « Idées reçues sur l’Inde » de Pascale Haag Ed. Le Cavalier Bleu
Le système des castes concerne l’hindouisme

L’ordre socio-religieux hindou, est un système complexe, comprenant quelque 3000 castes, et 25000 sous-castes, définies en fonction des activités professionnelles , se rattachant aux quatre catégories décrites ci-dessous, appelées " Varnas ", hiérarchisées selon leur degré de pureté supposée . Ce système socio-religieux plurimillénaire, est une forme de structuration du monde, découle des « Lois de Manu », un des textes fondateurs de l’Hindouisme, qui établit que l’Etre Suprême créa les hommes à partir de son corps :

Les Brahmanes désignaient les prêtres, quintessence de la pureté ; ils dominaient traditionnellement l’ordre socio-religieux hindou, mais la démocratisation politique et sociale de l’Inde a déclassé une fraction de cette ancienne élite…

Les Kshatriyas : désignent la classe des princes et des guerriers

Les Vashiyas : hommes du commun, marchands, cultivateurs, éleveurs

Les Shudras : les serviteurs, subordonnés aux castes supérieures, comprennent d’innombrables castes qui vont du petit cultivateur, au blanchisseur, barbier… : ce groupe appelé "Others Backward Classes" à l’époque contemporaine, est monté en puissance, car il représente plus de 50% de la population

Les Intouchables, hors castes, relégués dans la non existence ; ils sont tout en bas de l’échelle sociale, stigmatisés par leur statut « impur » ; ils sont donc relégués aux tâches impures (balayeurs, vidangeurs, équarisseurs, tanneurs…), et aux travaux agricoles. Le terme de " Dalits (opprimés ) " est actuellement revendiqué par les mouvements militants contemporains.

L’organisation sociale indienne s’appuie sur un idéal d’ordre hiérarchique, justifié par des convictions religieuses, dans lequel chaque individu se voit assigné dans la société, un statut de naissance, auquel il doit se soumettre pour maintenir la cohésion sociale. Ceci justifie de grandes inégalités économiques et sociales. Mais les basses castes s’organisent de plus en plus en groupes de pression politiques. Elles fournissent aussi un support important, à travers les associations de castes, au renforcement de l’identité de caste.

Les frontières entre les castes restent fermées : l’idéologie du "pur et de l’impur" persiste, en particulier dans le monde rural. Les mariages intercastes restent exceptionnels, ceci dans toutes les castes, et quel que soit le niveau économique.
La Constitution Indienne interdit toute discrimination, dont celles fondées sur la caste ; elle a aboli l’intouchabilité et conduit une politique de discrimination positive, avec des « quotas alloués » aux groupes les plus défavorisés dans trois domaines précis : le parlement, l’administration et l’éducation. Mais cette politique, source de conflits, a une efficacité socio-économique très faible : « elle permet l’accaparement par une minuscule élite, des faveurs, au détriment de la masse des défavorisés » (source : journal Le Monde ).